Motifs
absolus d’exclusion, signe appartenant au domaine public, signe
descriptif, force distinctive, force distinctive originaire,
significations multiples, signification
littérale, cercle des destinataires
pertinent, usage à titre de raison de commerce, anglais, APPLE,
pomme, jeux,
montre, bijoux, métaux précieux, construction ; art. 2 lit. a
LPM.
La
société Apple Inc. a déposé en 2013 une demande d’enregistrement
du signe APPLE en tant que marque auprès de l’IPI, pour des
services de la classe 37 (construction, réparation, services
d’installation, ...), ainsi que pour des produits des classes 14
(montres, bijoux, colliers, bracelets, ouvrages en métaux précieux,
...) et 28 (jeux, jouets, jeux vidéo, ...). L’IPI a refusé
l’enregistrement pour une partie des produits des classes 14 et 28,
au motif que le signe, en relation avec ces produits, serait dénué
de force distinctive et appartiendrait donc au domaine public. Le TAF
n’a admis que partiellement le recours d’Apple Inc. contre la
décision de l’IPI. Dans l’examen de la force distinctive
originaire d’un signe, il faut se baser sur le signe tel qu’il a
été déposé, sans tenir compte de son usage effectif sur le
marché. Pour déterminer si un signe est descriptif et appartient au
domaine public, il faut d’abord examiner s’il a un sens littéral
reconnaissable. Lorsqu’un mot a plusieurs significations possibles,
il faut rechercher celle qui s’impose le plus naturellement à
l’esprit en tenant compte des produits ou des services en cause. La
signification des mots pouvant évoluer, il faut se baser sur la
compréhension actuelle effective des destinataires pertinents. Le
plus souvent, elle correspond au sens lexical du mot. Toutefois, si
le public pertinent ne comprend plus un terme dans ce sens, mais le
comprend avant tout comme une référence à une entreprise
déterminée, il faut en tenir compte dans la procédure
d’enregistrement (c. 2.3.2). Les produits et services concernés
s’adressent au grand public. La marque APPLE étant l’une des
plus connues au monde, le terme n’est pas compris par le
consommateur moyen avant tout comme désignant le fruit « pomme »,
mais comme une référence directe à une entreprise déterminée,
bien qu’une partie considérable du public suisse connaisse la
traduction littérale du mot dans les différentes langues
nationales. Ainsi, contrairement à ce qu’a estimé l’instance
précédente, APPLE est considéré par le destinataire moyen comme
une référence directe à une entreprise déterminée, sans qu’il
ait besoin d’avoir recours à une traduction, pour l’ensemble des
produits revendiqués en classes 14 et 28. Pour tous ces produits, la
marque APPLE est donc propre à distinguer les produits de la
demanderesse de ceux des autres fournisseurs, et ne constitue pas un
signe appartenant au domaine public au sens de l’art. 2 lit. a LPM
(c. 2.3.3). Le recours est admis, et la marque APPLE doit être
enregistrée pour tous les produits revendiqués (c. 3). [SR]